Cordoba, ou le Tyrol argentin
Vous l’attendiez tous, la voici la voilà, la splendide (au moins) histoire de notre week-end à Cordoba.
Simon bossant dans une boite avec un boss particulièrement arrangeant, celui-ci l’a autorisé à prendre son vendredi (en fait d’autorisation, quand Mouss a demandé s’il pouvait éventuellement avoir son vendredi, l’autre lui a répondu « no problemo, no problemo !! » ; eh oui, ici en Argentine, les gens sont pas fondus de boulot : doucement le matin, pas trop vite l’après-midi, une bonne pause repas-sieste entre les deux, et si on est à la bourre… ben en fait on est pas à la bourre, les autres le sont encore plus).
Bref, nous partons donc le jeudi soir : Mouss’, moi, Nico (Beatles, qui n’avait pas encore commencé son stage) et Aurélie, une stéphanoise ma foi fort sympathique qui habite dans la même rue que nous (mais à presque 2km quand-même : ici, tout est plus grand !)(pas de réflexions vaseuses siouplé) ; Popo nous snobe, et les Messins sont déjà partis depuis la veille : ils ont commencé les cours deux semaines avant, et ils sont déjà en vacances… c’est beau, hein.
Départ 22h, en car « cama », repas, film à haute valeur culturelle (Fast and Furious, si vous voulez tout savoir), dodo pas allongés mais presque, et un truc genre « valisette petit dej » au réveil, juste avant l’arrivée, avec des choses plus ou moins identifiées à manger dedans.

La Nouvelle Cordoba
Les chauffeurs de taxi sont aussi timbrés à Cordoba que dans le reste du pays, mais on finit quand-même par arriver en un seul morceau au centre ville. On se balade un peu, y’a des monuments jésuites un peu partout (Université, Cathédrale, Crypte… sans un seul squelette alors c’est pas drôle, mais on a trouvé une peinture d’un Saint qui devait être l’ancêtre de Gobert c’pas possible autrement). Et puis on a pu un peu faire les marioles, c’était magiquement blasphématoire.

Ouais... il manque quand-même le slip kangourou et les ailes en nylon.
On dégotte une agence de tourisme, et on décolle pour l’aprem : trajet en minibus le long d’un des cinq lacs artificiels de la région, et visite de la Villa Carlos Paz, qui est une ville comme son nom ne l’indique pas : casinos, boutiques à touristes, belvédères où l’on monte avec un télésiège, fabriques d’Alfarojes (pâtisserie argentine pas mauvaise mais complètement étouffe-chrétien), et un énorme coucou suisse qui trône en plein milieu d’une place et qui, paraît-il, est la plus grande attraction locale.
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Le coucou de Carlos Paz, même qu'il marche. Et qu'il fait coucou.

La vue depuis le haut du télésiège
Retour à Cordoba, direction le Baluch Mini-Hostel Backpackers tout ça tout ça, tout proche du centre, super sympa ; le gars à l’accueil est adorable, et en plus il est mignon (et en plus il a un chien… que demande le peuple). Un dortoir pour quatre, on étale nos affaires un peu partout, et on ressort manger dans un resto super pkchic ; bien sûr j’oublie de demander sans poivrons, mais on mange bien quand-même (en attendant dix ans entre les plats, comme toujours ici), et on rentre faire dodo parce que quand-même, la vie, c’est fatiguant, et qu’il est déjà minuit passée.
Le dimanche est beaucoup plus intéressant : le minibus vient nous chercher à 9h, et on part en direction de la région des lacs. Y’a plein de barrages dans la région de Cordoba, et donc des grands lacs artificiels absolument magnifiques, serpentant dans les vallées.
Premier arrêt : Alta Gracia, une ville où un grand monastère jésuite est encore en super état, et qu’on peut visiter : le mobilier est encore en place, et on apprend plein de trucs sur les modes de vie des gauchos : comment ils se faisaient des besaces avec les pis d’une vache par exemple (pas beau à voir), ou encore des bottes en retournant la peau de la jambe d’un cheval (pas très glamour non plus).
Bien sûr Mouss ne peut pas s’empêcher de prendre la pose sur les toilettes de l’époque (y’avait même un petit schéma pour t’expliquer comment, quand t’étais au premier étage, ton oeuvre tombait jusqu’à la rigole du rez-de-chaussée et faisait un grand plouf grâce à l’énergie cinétique accumulée pendant une chute portée sur plus de 3m de hauteur… bref raté pour la discrétion).
Après les toilettes jésuites, les toilettes du Che : à Alta Gracia, la maison d’enfance de Che Guevara a été transformée en (petit) musée, et on devient incollable sur toute sa vie : ses voyages en Amérique du Sud, la sale gueule qu’il avait à l’époque de sa mort (comme il était recherché en Bolivie, il s’était déguisé en vieux toubib chauve, encore plus chauve que Lao, c’était pas beau à voir), etc, etc. Ben le Che, c’était ptêt un grand homme, mais mes toilettes ils sont mieux que les siens.

Ci-dessus, la flamme allumée à l’occasion des 70 ans de la naissance du Che je crois, à l’intérieur d’un bidule en parpaing ramené de Santa Clara.
Arrivée au lac de Los Molinos : le 2è plus grand de la région, une vraie splendeur : on mange sur une terrasse à l’à-pic des berges du lac, et on expérimente la tyrolienne à l’argentine : aller puis retour, de part et d’autre du lac, à 40m au-dessus des eaux. C’est tout simplement HENAURME. Et Mouss se rend compte qu’il aime pas trop trop le vide.

Et parce que je vous aime bien, j’voulais vous mettre une ptite vidéo de moi en train de hurler sur la tyrolienne, à 40m au dessus du niveau du Lac, mais ça veut pas. Alors vous l’aurez pas.
Enfin, grand tour qui nous fait passer par le plus grand lac de la région (ici Mous’ et moi en mode TBG avouez quand-même que y’a pire comme décor) :

Les différents Rios (qui en hiver n’ont pas beaucoup d’eau, mais quand les barages s’ouvrent pendant la sécheresse de l’été, leur niveau monte d’un coup, et en trente secondes le rio de 20cm de profondeur se transforme en une rivière de 6m de large avec une débit pas possible : bien sûr, y’a des morts tous les ans, mais ça n’a pas l’air d’émouvoir grand monde. Les Argentins ont un curieux sens du danger.

Le rio n°5, le San Roque je crois, version hivernale.
On termine le périple par une halte à la Villa General Belgrano, petite ville fondée par des Allemands réfugiés des deux guerres mondiales : résultat on a l’impression de se trouver en plein tyrol, chalets en bois, chopes de bière de 1L en vente dans tous les magasins, orchestre bavarois et bonhomme en pain d’épice tout droit échappé de Shrek. On peut même manger du goulash au Der rote Hirsch (le Cerf Rouge me semble-t-il, vu le gros machin en papier maché qui tronait devant le restau ; d’ailleurs enquête faite, des cerfs, y’en a pas en Argentine). On est un peu choqué quand-même devant les tee-shirt au logo de la Luftwaffe, cocarde, drapeau militaire, aigle aux ailes déployées, etc., et même un truc qui ressemble quand-même furieusement à une croix gammée, je vous laisse juger :

Bref, le paradis d’Alex, et un bled qui nous a laissés un peu perplexes.
Retour à la nuit tombée, j’ai l’impression d’être la seule à pas comater dans le bus. Du coup notre guide m’explique plein de trucs sur l’industrie de la région (première productrice de voitures d’Amérique du Sud, j’dis ça pour Citrus :p), et les problèmes de pauvreté (Cordoba est une des régions les plus riches d’Argentine, mais comme partout ici, les baraques immenses cotoient les favellas en tôle ondulée, et ça fait bizarre).
On retourne faire un tour dans Cordoba de nuit, et notamment au Paseo del Buen Pastor : une sorte de galerie d’art avec des cafés bibliothèques, et surtout un grand bassin avec des jets d’eau et des spectacles sons et lumières toutes les heures de 20h à 23h… Yann Tiersen, Vivaldi, Queen… c’est vraiment énorme ; le petit plus de la soirée : toutes les jeunes filles fêtant leurs 15 et 18 ans qui se pavanent dans des robes de princesse et se font mitrailler par des photographes professionnels : Aurélie et moi on critique, Mouss et Nico matent… et critiquent aussi au final, bref, c’est rigolo. On teste les milkshakes cordobéens, qui sont presque aussi bons que ceux de Mendoza.

Mamaaaaaaaaa, ouuuuuuuuhhhhh, I didn't mean to make you cryyyyyyyy...
Cette nuit-là on est réveillés par des Anglais qu’ont pas compris qu’ils étaient pas tout seuls ; Mouss’ leur a gueulé dessus, et l’un d’eux lui a fait une grande déclaration d’amitié. Déjà un Anglais, c’est bizarre, mais un Anglais bourré… Bref.
Dimanche, visite de Cordoba: le grand Parque Sarmiento, qui est en réalité une grande étendue d’herbe à moitié desséchée avec une île et trois arbres perdus au milieu.

La Isla Encatada. Rien que ça.
Et puis la Cathédrale, qui a quand-même grave de la gueule, même que j’ai fait un tour à la messe (les autres, ces païens, ils sont restés dehors). Comme elle est juste à côté du Buen Pastor, ça en fait en gros le centre culturel de la ville.

El Paseo del Buen Pastor, avec son bassin et ses jets d'eau, et la Cathédrale de Cordoba en arrière-plan.
On passe un certain temps dans le magnifique marché artisanal, où Mouss s’achète une ceinture de cow-boy, et on retourne prendre le car pour revenir de nuit à Mendoza. Note : le film était moins pourri (Ocean’s 12), mais j’ai perdu mon lecteur MP3, trop dégoutée.
M’enfin, Cordoba c’est zouli, et on a quand-même passé un bon week-end. Et j’ai oublié plein de trucs, le souffleur de verre, le ptit chat du resto du Lac Molinos, les ronflements de Nico, et les DVD du Backpackers. Mais on peut pas tout avoir. Vous aurez noté qu’encore une fois, y’a pas beaucoup de nuages. En un mois et demi, on n’a toujours vu qu’une seule fois la pluie, et encore, elle a pas duré longtemps. Brestois, on pense à vous


David - Le 2 septembre 2009 à 20:53
M’enfin! Ici on aussi un ciel uni et tout… bon d’accord c’est uni gris, mais je suis sûr que si tes photos étaient en noir et blanc on verrait pas la différence
Profitez bien et n’oubliez pas les cartes postales pour le bar !
Lao - Le 2 septembre 2009 à 21:18
tl;dr
Non, je déconne :p C’est un bien bel premier article Livia
Même si tout le monde aura compris que la réfèrence en ma personne était situé au passage « beau gosse, charmant, avec un chien » et non pas « chauve comme Lao ».
leparachute - Le 2 septembre 2009 à 22:28
Lyam - Le 2 septembre 2009 à 22:58
wahou j’adore on dirait que je me fait féliciter par mes compères de la réunion des alcooliques anonymes « bravo piour cela fait deux semaines que tu n’as pas bu de Fernett, c’est super continue »
Oh ouiiiiiiiiiiiiiiii dites le moi encore
Merci Para, avec le com’ à Lao j’étais prête à me jeter par la fenêtre.
Alex - Le 3 septembre 2009 à 13:41
Ach, toutes zes belles photos, za me rabelle ma Chermanie natale! Es ist eine sehr schones Land!
Bebert - Le 3 septembre 2009 à 19:11
Ya, tré bonne remargue …
Alex - Le 5 septembre 2009 à 17:49
Tu te soufiens à l’Oktober Fest wenn Helmut était complétement zaoul? Il seroulait dans son fomi dans les canifaux de Munchen et il cherchait seine Kartoffel. Il répétait: « Wo ist meine Kartoffel? » Friedrich a sorti son sexe et a dit: »Es ist mein Wurtz!! » Ach ja, z’était le pon temps!
Lao - Le 5 septembre 2009 à 21:32
LOL